Quelques extraits de mes travaux
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Écrire pour guérir...
" J’ai attendu l’été pour que ça s’arrête. Je l’ai attendu comme une pause, un havre de paix. J’ai cru qu’il m’apporterait le repos de l’esprit avec celui du corps. Et puis non… Dans la vacuité j’ai retrouvé la douleur pulsatile, lancinante, des blessures qui demandent à être guéries.
J’ai d’abord voulu ignorer cet appel. Après tout c’était les vacances! Qu’on me laisse tranquillement en profiter! Mais mon corps s’est aussi mis dans la partie, me lançant des appels de plus en plus bruyants pour m’inciter à regarder en moi.
Il m’en a fallu du temps, et du courage aussi, pour accepter de la regarder cette blessure. Oh...elle n’était pas belle à voir… Comme suintante sous le pansement trop occlusif que je lui avais appliqué, pensant bien faire. Elle n’était pas franche non plus, pas nette. Ses bords témoignaient de l’outil malhabile et grossier qui avait servi à trancher la chair trop tendre de cette partie de mon être.
Durant quelques semaines je me suis contentée de l’exposer régulièrement à l’air libre, me disant que le temps, ce médecin, se chargerait bien de la soigner. Et puis le temps a passé, la blessure a légèrement changé d’aspect, mais j’ai bien vu qu’elle avait l’intention de s’installer.
Alors je me suis emportée, lui demandant de partir, de me rendre ma légèreté que j’estimais injustement volée. Mais une blessure a-t-elle des oreilles pour entendre mes jérémiades? Non bien sûr… La blessure se contente d’être. Elle résulte d’un fait et a besoin d’un autre fait pour se résorber.
Je devais envisager les choses sous un autre angle. Plus pragmatique. Mais ce n’est pas mon fort, le pragmatisme… Il m’a fallu encore du temps… et des efforts.
Je n’avais pas de mal à identifier le fait initial, l’élément déclencheur, l’acte blessant. Je pouvais le détailler longuement, en moi et auprès des autres. Je peux même dire qu’à certains moments je me délectais de ce récit épique que je mouillais abondamment de mes larmes. Quoi? Mon chevalier servant m’avait retiré sa foi mettant un terme douloureux et désillusionné à nos amours courtoises. Quoique ma sensibilité romanesque ait pu construire autour de la réalité, du point de vue pragmatique que j’ai choisi désormais d’adopter, les faits sont simples et terriblement banals. Un homme, mon homme, a trahi longuement et froidement la confiance absolue que je lui avais offerte. Il a craché, quelles qu’en soient les raisons, sur ce que je considère être le plus pur trésor que j’aie jamais possédé. C’est une histoire d’adultère, de tromperie avec préméditation. C’est l’histoire de ma descente aux Enfers." .../...
"Il était une fois, dans le passé du présent, une princesse moderne née de parents roturiers. Appelons-la Ixe, car elle est une femme parmi les femmes.
Au moment où notre histoire commence, Ixe entame une deuxième vie. Elle a 38 ans et vient de se séparer du père de ses enfants. Appelons-le Y , car il est un homme parmi les hommes. Ensemble, ils ont semé des graines qui se sont doucement transformées en fruits resplendissants. Mirabelle est venue la première. Douce et secrète, ses longs cheveux bruns et bouclés encadrant un visage fin au teint clair évoquait une Blanche-Neige des temps nouveaux. Puis Noisette débarqua deux ans plus tard, éclaboussant la famille de sa vivacité et de son caractère bien trempé dont le charmant minois aux yeux rieurs était la carte de visite. Enfin, au bout de cinq années, Abricot, petit garçon tendre et joyeux au large sourire magnifié d’une chevelure dense au brun profond, vint compléter le verger familial.
Au bout de 16 ans de vie commune, Ixe a l’impression d’être dans une impasse, de ne plus rien avoir en commun avec cet homme qu’elle a pourtant choisi, si ce n’est bien sûr la parentalité. Et encore! Sur ce point comme sur les autres elle se sent seule investie de la responsabilité des décisions, des choix. Sans doute le résultat de nombreux non dits, de maladresses de communication, de malentendus, d’attentes déçues et non exprimées… Mais cela, elle n’en a pas encore conscience, elle croit avoir fait le tour de la question, ne plus rien pouvoir sauver. Et là-dessus elle ne se trompe probablement pas car pour avoir une chance de réussir il aurait fallu que le sauvetage intervienne avant que les derniers liens avec son mari soient brisés, c’est-à-dire approximativement deux années auparavant. Oui, peut-être qu’à ce moment-là, s’ils avaient entrepris la thérapie dont ils avaient pourtant parlé, alors peut-être oui que les choses auraient pris une autre direction.
Mais elle vient de refermer définitivement cette porte-là malgré les nombreuses objections liées à la bonne santé de son cher verger qu’elle ne veut pas négliger bien sûr. Après sa prise de conscience du point de non-retour dans lequel son couple s’était engagé par mollesse, par fatalisme, peut-être par procrastination; elle avait d’abord envisagé de différer sa prise de liberté au moment où ses fruits se détacheraient de leur branche. Voilà une décision qui paraissait raisonnable! Mais...le petit dernier, n’avait que 6 ans… Attendre encore au moins 12 années dans cet état de petite mort émotionnelle…? Elle ne s’en est pas sentie capable. Et d’ailleurs c’était bien mal se connaître que d’avoir envisagé ne serait-ce qu’un instant cette solution! Elle qui est par essence dans l’action spontanée! Le contraire absolu de la sage patience…
La voilà donc à l’aube de sa 39ème année dans l’expectative de la suite des événements. Elle vient de rencontrer Jairiel sur Clic’n’love2008. Dès leurs premiers échanges ils se sentent «connectés». Ils se comprennent à demi-mots et leur première conversation téléphonique est celle de deux amis de longue date." .../...
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Écrire pour transmettre...
"Le bruit des insectes dans la végétation, la clarté aveuglante du soleil, la chaleur des beaux jours, les odeurs de la ferme sont autant de sensations qui me ramènent là-bas. Là-bas… mon berceau, ma terre nourricière, là-bas, ma maison natale, près de la rivière, Oued-zimba.
Je la revois, entourée d’oliviers et de garrigue, à la fois fière et modeste sur la colline pelée, contenant toute ma vie d’alors, toutes mes attaches, et pourtant si simple, presque pauvre au regard des demeures d’aujourd’hui. Je la revois ma maison.
J’y suis née le 23 novembre 1923, deuxième enfant d’une famille qui allait devenir nombreuse. Quelques années plus tard elle compterait 8 enfants : Albert, le premier, moi-même, puis Roger, Jeannette, Grégoire, Georgeo, Claude et enfin Bernard.
Et tout ce monde-là allait chacun son tour, selon la coutume familiale qui s’était établie, passer quelques années « à la ville », à Guelma, chez les grands-parents paternels.
Je n’ai pas échappé à la règle, j’y suis partie à huit ans. J’y ai retrouvé mes cousines : Charlotte, Lucette et Josette et mon cousin René. Nous étions là pour pouvoir fréquenter l’école mais nous devions, en contrepartie du couvert et du logis, rendre « des services ». Et ce n’était pas une mince affaire !
Le matin, très tôt, nous faisions notre lit et préparions à tour de rôle le café de la grand-mère, comme elle l’aimait : bien noir. Nous réceptionnions ensuite les bidons de lait de la ferme des parents, apportés par un ouvrier. Nous les vidions dans des bouteilles puis nous partions chacun effectuer notre tournée. Il fallait déposer les bouteilles pleines et récupérer celles de la veille, vides. Celles-là, il faudrait les laver le soir avec de l’eau et des petits plombs, pour bien dégraisser, et recommencer le lendemain. Il ne fallait pas traîner car l’école commençait à huit heures et il n’était pas question d’être en retard !".../...
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Écrire pour célébrer...
"Il y a 18 ans, j’attendais un « heureux événement » comme on dit.
Il y a 18 ans, je n’étais pas beaucoup plus vieille que toi, Marie.
Il y a 18 ans, tous mes espoirs se concentraient sur l’être qui allait naître.
Il devait m’aider à vivre, à reprendre pied dans un monde qui n’avait plus beaucoup de sens depuis que ma maman n’y était plus.
Je ne savais pas encore quelle grande aventure j’allais vivre mais je m’y lançais corps et âme comme le rescapé sur la bouée qu’on lui tend.
Voilà un petit poème que j’avais écrit alors et que tu peux trouver dans ton album de bébé :
Enfermé dans un mouchoir de poche
Tu baignes serein dans l’eau de la vie.
Et moi, les deux mains dans les poches,
Je regarde tomber l’eau de pluie.
Je voudrais tant te rejoindre au creux de moi,
Venir te dire que déjà je t’aime.
Mais mon ventre qui s’arrondit et mes seins qui s’alourdissent me crient :
« Patience, il est en toi et bientôt il sera là.
Patience, il grandit l’enfant, l’enfant qui déjà t’aime aussi
Et plus tard qui te dira « Maman »
Mais pour l’instant tu es en moi et je te caresse par transparence.
Je me souviens du jour où je l’ai écrit. Je me sentais déborder d’amour et de confiance et il fallait que je l’exprime, même maladroitement, il fallait que j’immortalise ce que je ressentais.
Et puis tu es née. Quelle intense émotion, quel bonheur simple mais profond !
Tu as été un bébé exemplaire, tout à fait comme dans les livres que j’avais lus. Puis, une adorable petite fille brune et frisée (mille excuses pour les coiffures que je te faisais à l’époque), brune, frisée et curieuse, et bavarde aussi. En grandissant, tu es devenue plus calme, posée, un peu secrète aussi. Je n’ai pas toujours su voir tes souffrances et je le regrette.
Et te voilà aujourd’hui : une belle jeune fille au regard profond et à la chevelure que je jalouserais si je n’étais pas ta maman… Une jeune fille capable d’introspection et de réflexion même si tu te situes encore dans cette zone intermédiaire où l’on oscille entre la relative sagesse de l’âge adulte et la frivolité de l’enfance.
Bientôt tu vas partir vers de nouveaux horizons et, même si tes attaches avec la maison resteront bien solides, je sais que c’est une page qui se tourne. Mais ce n’est pas douloureux car j’ai pleinement confiance en toi. Et toi, tu peux avoir confiance en moi, je suis là, tout prêt, juste derrière, et tu vois, aujourd’hui encore, je te caresse par transparence. "
"Quelle surprise ce matin-là !
Quelle surprise de te trouver face à moi, de découvrir ton visage et la forme de ton corps.
Une petite fille, oui j’y avais pensé. D’ailleurs je t’avais choisi un prénom, soigneusement, un prénom réfléchi, un prénom à ta mesure. Tu t’appellerais Noëmie avec un joli tréma sur le « e », pour rappeler que ta naissance illuminerait désormais l’approche des festivités de Noël.
Une petite fille oui, j’y avais pensé… Mais les on-dit, les croyances, avaient peu à peu effacé cette idée et l’avait remplacée par l’image bleutée d’un petit garçon…
Alors, oui, j’ai été surprise ce matin-là et, j’ose le dire, un peu déçue de devoir colorer ma joie en rose.
Et puis, rapidement, ton corps blotti contre le mien, ton corps se nourrissant du mien, encore, nous avons fait connaissance.
Tu as plongé ton regard dans le mien, et, avec gravité et confiance, tu as remis ton existence entre mes mains. Je ne connais pas de moment plus solennel.
Dans tes prunelles bleu-gris de nouveau-né, ce matin-là, j’ai vu les réveils chantants des départs en vacance, j’ai vu les regards inquiets des séparations, j’ai vu les fous-rires incontrôlables de ton adolescence, et les soirées d’angoisse des moments douloureux. J’ai vu tout cela et bien d’autres choses encore, mais surtout, j’ai vu l’amour inconditionnel qui me liait déjà à toi ma petite fille.
Depuis ce moment je continue à te porter en moi : je suis ta maman pour la vie, tu es mon enfant pour la vie. Rien ne pourra changer cela. Ni tes choix, ni les miens.
Nous nous sommes apprivoisées au détour des colères et des incompréhensions. Nous nous sommes apprises l’une l’autre et aujourd’hui tu es devenue cette belle jeune fille de 18 ans, une liane souple et forte, qui va, tout naturellement, prendre son envol.
Mais toujours je serai celle qui t’accompagne, qui te chérie et t’encourage. Toujours je serai le regard dans lequel tu pourras plonger le tien. Un regard plein de fierté et de confiance en la personne que tu es et que tu seras.
Ma petite fille, ma surprise rose de Noël, ma Noëmie, mon unique."
"Mon fils
Aujourd'hui tu as 18 ans.
Remontent des souvenirs de ta naissance.
Ils sont intacts et brillants d'émotions.
Je me rappelle mon insomnie de la première nuit. Le manque de toi au creux de moi. Ce vide soudain.
Je me rappelle t'avoir sorti de ton berceau de plexiglas pour te placer tout contre mon ventre. Petite boule chaude et palpitante. Pour me retrouver une et complète.
Aujourd'hui, oui, tu as 18 ans. Et dans notre monde ce n'est pas rien! C'est l'autonomie officielle, la fameuse indépendance...
Alors, j'ai appris bien sûr à vivre ton absence, ton éloignement. J'ai appris à calmer mes anxiétés. J'ai accepté de ne pouvoir te protéger de tout. J'ai recueilli tes chagrins autant que je l'ai pu. Applaudi tes joies et tes réussites. Défendu bec et ongles (parfois au sens propre...tu n'en revenais pas...) tes intérêts. J'essaie d'accompagner de mon mieux ton envol mon grand.
Mais au creux de moi il y a toujours cette place pour toi, cette place de toi.
Je t'aime comme une maman, inconditionnellement."
"Pourquoi je t’aime…
Tu te poses la question parfois, tu me l’as confié… Moi je ne me la posais pas; me contentant de ressentir. Mais je comprends. Je peux comprendre. Je peux comprendre beaucoup à présent. De plus en plus.
Alors je me la suis posée aussi cette question. Ou plutôt je l’ai posée à mon âme car mon esprit ne savait que répondre. Je suis moins rationnelle, moins analytique que toi mon amour…
J’ai questionné mon âme et mon âme a répondu d’abord dans son langage, m’envoyant des gerbes de couleurs, des bouffées d’émotions, des mélodies muettes… Et mon cœur a accueilli, bienheureux, cette fougue de vie. Il s’est repu, gourmand, du nectar ambroisique ainsi offert. Puis, satisfait, s’est tourné vers l’esprit, sûr de lui. Mais l’esprit lui a jeté un regard interrogateur. Il n’avait rien compris à tout ce brouhaha. Lui il voulait du tangible, de l’argument, du construit ! Alors, le cœur, dépité a tapoté doucement l’épaule de l’âme qui, déjà, était retournée à ses contemplations. D’un regard insistant il lui a demandé plus. Et l’âme, toujours de bonne volonté, s’est efforcée de traduire en mots la palpitation précieuse qu’elle porte en elle.
« Je l’aime, a-t-elle dit doucement, je l’aime parce qu’il épouse ma forme complexe, parce qu’il m’ouvre l’horizon du possible, qu’il attise la braise des batailles enfouies. Je l’aime parce qu’il sait le langage des yeux, qu’il fait danser ma femme sauvage, parce qu’il vibre aux mêmes sons que moi et qu’ensemble nous chevauchons le même étalon. »
Et l’esprit, perplexe, a compris que ce soir-là, il n’obtiendrait rien de plus de cette âme fantasque et bohème. Tandis que derrière lui, le cœur, lui, se dilatait d’allégresse. "
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Écrire pour témoigner...
Je crois que l’événement qui a, peut-être, le plus déterminé mon mode de maternage, est la mort de ma mère. Je venais d’avoir 20 ans et un monde s’écroulait…Je recevais tant de sa part, et tout à coup ce grand vide….Pourtant, assez rapidement, je pris conscience que tout ce que j’avais puisé dans l’amour de ma mère, je pouvais le restituer à mon tour. Mais à qui ? Comment ? J’étais bien seule et désemparée alors.
A ce moment là, je rencontrais Didier. Une lueur au bout du tunnel. Il traversait la même épreuve que moi. (La Vie soigne parfois elle-même les blessures qu’elle a infligées. ) Nous nous sommes compris, aidés, aimés. Très tôt le désir d’enfant s’est dévoilé. Cela devint même un besoin vital, irrépressible pour moi. J’allais enfin pouvoir donner à mon tour comme j’avais reçu !! Cela m’apparaissait comme totalement salvateur…
Nous arrêtions la contraception. J’étais impatiente. Je me plongeais dans les livres de puériculture, faisais ma courbe de température pour déterminer le moment de l’ovulation, ne pensais qu’à cette grossesse. Deux mois consécutifs amenèrent une grande déception. J’essayais alors de me changer les idées, de prendre du recul. Nous avons déménagé dans un appartement plus grand, cela m’a pas mal occupée.
Et puis le troisième mois…la courbe n’est pas redescendue. Nous venions tout juste d’emménager. Déjà, je pensais en mon for intérieur que ce bébé devait être costaud puisqu’il avait survécu à ce déménagement où je m’étais dépensée sans compter… (ah les lubies de futures mamans !!) Didier était reparti à Toulouse où il travaillait alors. Moi je restais à Pau où je travaillais également (un job pris au départ pour financer mes études).
Pendant quelques jours je gardais donc ce doux secret (confirmé par le médecin). Didier rentra le jour de son anniversaire, le 05 décembre. Un joli petit cadeau l’attendait : une paire de chaussons de bébé. Je crois qu’il n’a pas saisi tout de suite, il était étonné que ce soit si rapide. Je lui avais dit que la conception pouvait prendre plusieurs mois. Nous ne mesurions pas tous les chamboulements que cela impliquait….
Cette grossesse fut la plus sereine des trois. Je n’avais pas d’appréhension par rapport à l’accouchement. Je me sentais inscrite dans la marche du monde, chargée de perpétuer un savoir ancestral. J’avais confiance en la nature.
Des nouveaux-nés, je n’en avais pas vu beaucoup. Je m’en étais encore moins occupée ! Mais j’étais persuadée que je saurais comment m’y prendre. À vrai dire, je ne me posais pas trop de questions sur mes compétences.
J’ai quand même voulu assister aux cours de préparation à l’accouchement proposés par la maternité où je m’étais inscrite. En fait, je voulais « rentrer dans le moule », faire tout ce qui devait être fait. C’était un peu un gage d’accéder au statut d’adulte responsable, un visa pour la « respectabilité ». J’allais être mère et je voulais coller à l’idée que je me faisais du personnage !!
Les cours de préparation étaient dispensés par une sage-femme dynamique et expéditive. La construction de ses cours était bien rôdée…il ne fallait pas trop s’aventurer à poser des questions « dérangeantes ». Je n’y ai pas appris davantage que chez Laurence Pernoud dont j’ai dévoré le J’attends mon enfant édition 1993.
Le jour de l’inévitable cours sur la respiration, je crois avoir un peu agacé notre « prof ». J’étais sans doute la moins appliquée de ses élèves ! Elle nous avait proposé 3 ou 4 méthodes de respirations à adopter pendant le travail. Il s’agissait pour nous de les essayer toutes afin de choisir celle qui nous convenait le mieux, puis de nous entraîner quotidiennement jusqu’au jour J. Outre le fait que je trouvais grotesque ces soupirs hors de propos, j’étais absolument incapable de savoir quelle respiration me soulagerait le jour de l’accouchement !! Je l’ai dit, on m’a remballée d’un « c’est important madame, concentrez-vous ! » qui ne m’a pas davantage convaincue.
En fait j’attendais avec impatience le jour où l’on aborderait enfin le sujet de l’allaitement maternel. Pernoud m’avait laissée sur ma faim à ce propos et n’ayant aucun exemple de bébé allaité autour de moi j’étais avide d’information. J’ai donc demandé quand nous aborderions le sujet de l’allaitement. On m’a répondu que l’on n’en parlerait pas « pour éviter de culpabiliser les mamans qui ont opté pour le biberon » et renvoyée vers l’achat d’un livre !!